Une PME a besoin d'un site qui explique ce qu'elle vend, à qui, et comment on la contacte, dans un ordre qu'un visiteur pressé comprend en quelques secondes. Selon l'INSEE, une PME est une entreprise de moins de 250 salariés, et les microentreprises de moins de 10 personnes entrent dans cette catégorie, ce qui couvre presque toutes les entreprises que je rencontre, du cabinet de deux associés à l'atelier de quarante personnes. Il leur faut une page par service ou par famille de produits, une page qui présente l'équipe avec de vrais visages, une page de références et une page de contact qui donne un nom et un numéro direct plutôt qu'un formulaire anonyme.
La page recrutement est celle que les dirigeants de PME oublient le plus souvent, alors qu'un candidat regarde votre site avant de répondre à une annonce. Une page qui décrit les métiers, les conditions de travail, les horaires réels et la façon de postuler, avec des photos de l'atelier ou des bureaux, fait gagner du temps à chaque recrutement, et elle se met à jour en un message quand un poste s'ouvre ou se ferme. Les références fonctionnent de la même manière. Un client hésitant veut voir pour qui vous avez déjà travaillé, quel problème vous avez réglé et ce que ce client en dit, et une page de références bien écrite remplace une bonne moitié du premier échange commercial.
Beaucoup de PME en France et en Suisse ont besoin de deux langues, et cette question se règle au départ, pas après coup. Une entreprise suisse qui vend des deux côtés de la frontière des langues travaille en français et en allemand, un cabinet parisien qui a des clients étrangers a besoin d'une version anglaise, et un site pensé pour deux langues coûte beaucoup moins cher qu'un site traduit dans l'urgence un an plus tard. Je conçois donc chaque site avec une langue par défaut et la place pour une seconde, et les pages de la deuxième langue sont chiffrées comme des pages supplémentaires, en dehors du plan mensuel, comme tout ce qui dépasse le site de présentation.
Enfin, une PME a besoin que tout cela tienne dans le temps sans mobiliser quelqu'un en interne. Dans une entreprise de quinze personnes, personne n'a « le site » dans sa fiche de poste, et le résultat classique est un site refait tous les cinq ans à grands frais, puis laissé tel quel entre deux refontes, avec des horaires faux et une dernière actualité vieille de trois ans. Le plan mensuel change ce rythme. Les modifications sont en ligne dans la semaine, le site reste à jour toute l'année, et la refonte lourde disparaît parce que le site évolue page après page au lieu d'être jeté et recommencé.